Resume/ Abstract
Dans un contexte de transition énergétique et de besoins croissants de diversification de sources d’approvisionnement en métaux critiques et stratégiques, l’agromine représente une approche prometteuse pour la récupération du Co à partir de résidus miniers. Basée sur l’utilisation de plantes hyperaccumulatrices, cette stratégie nécessite des substrats compatibles avec la germination et la croissance de ces plantes dans des environnements fortement contraints physico-chimiquement. Cette étude vise à évaluer en conditions contrôlées le développement d’Odontarrhena chalcidica (plante hyperaccumulatrice) et de Lolium perenne (plante témoin), sur différentes formulations de substrats (résidus + amendement organique). Ces substrats ont été caractérisés (i.e. macroporosité, densité apparente, pH, Eh, CE, concentrations et spéciation du Co et de l’As). Bien que l’ajout de compost municipal ait permis d’améliorer la structure des substrats (macroporosité > 10%, densité apparente < 1,4 g/cm³), la faible teneur en matière organique (MO) du compost utilisé (3–4%) limite cet effet structurant. La croissance des plantes est demeurée limitée, en particulier pour O. chalcidica, dont la mortalité différée des plantules coïncide avec l’enracinement dans les résidus. Les essais de germination utilisant des eaux synthétiques et porales riches en As ont révélé une diminution significative des taux de germination par rapport à l’eau du robinet. Toutefois, l’As ne semble pas être l'unique facteur limitant. Les essais en terreau enrichi en Co ont confirmé un effet phytotoxique directe de cet élément sur O. chalcidica, tandis que les fertilisants chimiques n’ont pas suffi à compenser les effets de contraintes chimiques observés. Ces résultats soulignent l’importance d’une approche intégrée, combinant des amendements plus riches en MO, une meilleure maîtrise des conditions physico-chimiques et la sélection d’espèces tolérantes, pour rendre l’agromine viable sur des matériaux miniers.