Résumé - Abstract
La gestion et l’entreposage des importants volumes de rejets produits par les opérations constituent l’un des plus grands défis auxquels fait face l’industrie minière. Les résidus miniers sont traditionnellement transportés sous forme de pulpe, et déposés en surface dans des parcs ceinturés de digues. La consolidation des résidus est généralement lente, et ils sont susceptibles à la liquéfaction et aux grandes déformations. Malgré de nombreux développements technologiques au cours des dernières décennies, les instabilités géotechniques restent fréquentes. Bien que les raisons de ces ruptures soient multiples et complexes, l’eau est généralement un facteur critique. Parmi les solutions à ces problèmes, la filtration consiste à retirer une partie de l’eau des résidus. Le procédé permet de conférer aux résidus une plus grande résistance mécanique et une meilleure homogénéité. La filtration peut ainsi contribuer à améliorer significativement la stabilité géotechnique des aires d’entreposage et à diminuer la nécessité de construire des structures de confinement. Les parcs à résidus filtrés demeurent cependant exposés aux conditions climatiques durant les opérations et jusqu’à leur restauration. La teneur en eau des résidus peut donc évoluer au cours du temps et une nappe phréatique s’établit fréquemment au sein des résidus, entrainant une altération importante de leurs propriétés en place. L’objectif de cette étude était donc d’étudier le comportement des résidus filtrés in situ au cours du temps. Les résultats et mesures de terrain réalisés sur le parc à résidus filtrés de la Mine Eléonore (Newmont) seront présentés et discutées. La campagne de suivi incluait notamment une estimation des bilans d’eau, la mesure du niveau de nappe et des teneurs en eaux dans les résidus, l’évaluation des déplacements et d’autres propriétés. Diverses solutions pour contrôler le comportement hydrogéotechniques des résidus filtrés en place seront également proposées et discutées.