Resume/ Abstract
L'entreposage des résidus miniers, souvent instables sur le plan géochimique, peut contribuer à la contamination des eaux souterraines et de surface. Les rejets désulfurés et filtrés de la mine Éléonore (QC) génèrent du drainage neutre contaminé en As, majoritairement via l'oxydation de la löllingite. Cette étude a pour objectif d'explorer la biocémentation comme option s'appuyant sur l'activité microbienne pour induire la précipiration d'un bio-ciment visant à stabiliser les résidus afin de limiter la mobilité de l'arsenic. Deux stratégies ont été évaluées à l'échelle laboratoire : i) l'ajout d'une souche commerciale S. Pasteurii (bioaugmentation) et ii) la stimulation des microorganismes indigènes (biostimulation). Les effets de la concentration en réactifs (0,5 à 1 M) et de la température (5 à 20 °C) sur le taux de biocalcification et la mobilité de l'arsenic ont été évalués par des mesures physicochimiques de masse, pH et conductivité électrique, ainsi que des essais de stabilité géochimique (type Tank Leaching Test). Les résultats montrent un rendement de précipitation relativement élevé (50 à 70 %), même en valorisant la biomasse indigène et à température froide. La concentration en As dans les eaux a diminué jusqu'à atteindre des valeurs entre 0,1 et 0,5 mg/L. Cette étude démontre le potentiel valorisable de la biomasse indigène pour la prévention du drainage minier. Des analyses métagénomiques supplémentaires sont nécessaires pour clarifier les interactions microbiennes en jeu.